Le déni de grossesse : tout savoir sur ce phénomène traumatisant


Être parents, Ma grossesse / mardi, décembre 4th, 2018

Lorsqu’une femme est enceinte sans le savoir, on parle de déni de grossesse. Nous nous sommes toutes déjà posées la question « mais comment est-il possible de ne pas se rendre compte d’une grossesse ? » et pourtant il s’agit bien d’une réalité qui touche beaucoup plus de personnes que nous ne le pensons. Si nous connaissons ce phénomène, peu d’entre nous sont réellement informées sur ce sujet.

Pourtant les chiffres parlent d’eux mêmes : en France, le déni de grossesse touche 600 à 1800 femmes chaque année d’après l’association française pour la reconnaissance du déni de grossesse. Ce pourcentage de déni n’est donc pas à prendre à la légère. Aujourd’hui, j’ai donc décidé de vous parler du déni de grossesse : causes, symptômes et surtout l’après, je vous dis tout sur le sujet.

Qu’est-ce que le déni de grossesse ?

Le déni de grossesse désigne le fait d’être enceinte sans avoir conscience de l’être. Comment est-ce possible ? Imaginons un instant une grossesse sans aucun symptôme ou aucun signe notable. En temps normal nous avons toujours un petit indice comme la prise de poids, l’absence de règles, l’utilisation d’un moyen de contraception. Or, une femme qui est touchée par un déni continue de mener sa vie habituelle puisque rien ne vient l’alerter.

La future maman n’en a donc pas conscience et il en est de même pour son entourage. Certains spécialistes parlent d’une coupure entre le corps et l’esprit. Il s’agit d’un mécanisme psychique où le cerveau ordonne au corps de se comporter normalement. Il existe deux types de déni :

  • Le déni de grossesse partiel : lorsqu’une femme découvre qu’elle est enceinte pendant la grossesse, soit elle s’en rend compte toute seule, soit grâce à l’intervention d’un médecin.
  • Le déni de grossesse total : lorsque c’est l’accouchement qui révèle la grossesse.

Un déni de grossesse peut également être reconnu lors d’une fausse couche. Le fœtus ne s’est pas développé correctement et notre corps le rejette naturellement alors que nous n’en avions même pas la connaissance. Même si nous connaissons le déni de grossesse, beaucoup de questions perdurent : quelles en sont les causes ? Et surtout, y-a-t-il des profils de femmes qui sont touchées en particulier ?

Quelles sont les causes d’un déni de grossesse ?

Malgré de nombreuses études sur le sujet, il n’existe pas de profil type de femmes victimes de déni de grossesse. Nous pouvons donc toutes être touchées, que nous soyons jeunes, plus âgées, d’un milieu aisé ou non…Cependant, plusieurs facteurs ont été reconnus comme « à risque » : une stérilité supposée, un contexte familial difficile où il est question de violences physiques ou psychologiques. Mais encore lors de grossesses rapprochées ou encore lorsqu’une personne est victime d’agressions sexuelles…

Derrière chaque déni de grossesse il y a une histoire personnelle et unique. Pour certaines personnes il peut être question d’un rapport à leur propre corps ou à leur sexualité, ou encore la place qu’elle donne ou non à la maternité dans leur vie. Les causes sont multiples, il faut donc être à l’écoute de son corps même si parfois aucun symptôme n’est présent.

Déni de grossesse et symptômes : peut-on prendre conscience de sa grossesse ?

La question se pose donc : comment est-il possible de reconnaître une grossesse lorsque notre corps nous le cache ? Déni de grossesse symptôme ne font pas bon ménage. Pas d’absence de règles, pas de prise de poids ou de maux de grossesse… aucun symptôme ne vient nous mettre la puce à l’oreille. Enfin si parfois, mais ils se confondent facilement avec des problèmes quotidiens comme des saignements confondus avec des règles. Ils peuvent être confondus aussi avec des maux de ventre que nous relions directement à notre système digestif.

Notre corps n’est pas en plein déni puisqu’il change mais il ne nous le montre pas. En effet, lors d’une grossesse, l’utérus bascule vers l’avant alors que dans le cas d’un déni, ce dernier va se mettre à la verticale. Mais alors où se cache le fœtus qui se développe ? Et bien il se situe sous les côtes de la future maman. C’est pour cette raison que le ventre ne grossit pas, il peut être légèrement bombé mais rien de bien alarmant. Pour ce qui concerne les mouvements du bébé, eux aussi peuvent être confondus avec des ballonnements. La faible prise de poids peut justifier certains écarts, si minime soient-ils.

Une femme victime de déni de grossesse poursuit donc sa vie normalement. Malheureusement il n’y a pas de moyens pour éviter un déni de grossesse, si ce n’est être à l’écoute de soi-même et de son corps (facile à dire).

Quelles sont les conséquences d’un déni de grossesse ?

Nous pouvons lire beaucoup de témoignages et une grande majorité d’entre eux révèlent un réel traumatisme. La réalité n’est plus celle que l’on imaginait, on doit accepter le fait que nous n’avons pas perçu cette grossesse. Notre corps nous devient étranger puisqu’il nous l’a caché, on doit se confronter très durement à la notion de parentalité et se faire à l’idée que l’on va avoir un bébé. Le choc est encore plus violent dans le cas d’un déni total, certaines femmes ont découvert leur grossesse lors de l’accouchement ! Il est donc très important d’avoir un suivi psychologique à la suite d’un événement d’une telle ampleur.

En effet, parler de son expérience et pouvoir s’exprimer sans peur d’être jugée est un passage important pour accepter la situation et apprendre petit à petit à aimer de nouveau son corps. Cela peut également être bénéfique pour l’avenir, pour apprendre à ne pas appréhender le futur avec la peur de vivre un nouveau déni. Il n’y a aucune culpabilité ou colère à avoir envers soi-même car beaucoup de femmes ont déjà vécu cette situation, d’où l’importance d’en parler.

Il faut savoir que lors d’un déni total et de graves conséquences sur l’enfant, ce sont les magistrats qui jugent chaque cas. Ils vont appréhender la responsabilité de la mère, ce qui peut encore plus compliquer la situation. D’autant plus qu’un troisième déni peut prendre sa place après l’accouchement : le déni de parentalité. Le déni de grossesse peut conduire à un rejet du bébé car nous ne le reconnaissons pas et nous n’avons pas eu neuf mois pour nous préparer à l’idée d’une naissance. Cela peut prendre plus de temps et être plus compliqué pour certaines personnes. L’important est de communiquer et d’accepter le fait que cela ne se fait pas naturellement en un claquement de doigt. Il faut du temps pour se reconstruire.

Est-ce que vous avez déjà été victime d’un déni de grossesse ? Ou l’avez-vous vécu à travers une personnes de votre entourage ? Quels sont les conseils que vous donneriez aux femmes qui se retrouvent dans cette situation ?

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