Portrait d’une maman expatriée – L’interview d’Emilie


Les Interviews Inspirantes / jeudi, juillet 18th, 2019

Pouvez-vous vous présenter vous et votre tribu ?

Bonjour, je suis Emilie, j’ai 35 ans, social média manager, co-fondatrice du webzine Madrid en famille et créatrice du blog parents-voyageurs
Nous sommes parents de 2 enfants de 5 et 3 ans.

Pouvez-vous définir votre parentalité en 3 mots ?

Amour – Écoute – Disponibilité

Notre parentalité est basé sur : on fait ce qu’on peut ! Honnêtement j’évite tous les articles culpabilisants sur la parentalité.  Notre éducation est basée surtout sur la découverte, le temps qu’on passe ensemble, mais surtout l’amour et l’écoute. Pour le reste on improvise. On a un cadre, des règles et on y joue à l’intérieur !

Quand et pourquoi vous êtes-vous expatriée ?

Nous avons quitté la France il y a 1,5 ans suite à une opportunité professionnelle de mon conjoint. Moi je travaille en Free-Lance, la première année, j’ai fait les Allers/Retours France Espagne pour clôturer mes derniers contrats. Nous avions besoin de changer d’air de vivre autre chose, bousculer nos habitudes . Nous avons profité que les enfants soient petits pour se lancer.

Comment vous êtes-vous intégrée dans votre nouvelle vie ? 

Plutôt bien. Et pourtant le challenge n’était pas facile. Nous ne voulions pas nous intégrer dans un quartier de Français. Nous ne sommes pas partis de France pour vivre avec des français. Mais je peux comprendre que ce soit quelque chose de réconfortant pour d’autres expat. Nous on voulait un virage à 360 dans nos vies, apprendre une nouvelle culture.
 Donc nous vivons en périphérie de Madrid. Les espagnols sont bienveillants donc nous avons rapidement fait des contacts, d’abord au travers de l’école des enfants, puis dans nos activités respectives. 
Les enfants sont un parfait levier d’intégration, faut l’avouer ! Surtout en Espagne où l’enfant est roi !

Si vos enfants étaient déjà nés comment les avez-vous préparé à cette expatriation ?

Ils sont nés en France. A notre départ, Louis 4 ans venait d’intégrer l’école et Suzanne 2 ans était en crèche. On leur a expliqué qu’on allait changer de maison et donc d’école. On a commencé par leur mettre un peu de dessin animé en espagnol en leur expliquant que nous allions tous apprendre une nouvelle langue. 
Ils n’ont bien sûr pas pris conscience de l’ampleur du projet à ce moment là. C’est réellement lorsqu’ils ont intégré la nouvelle maison et nouvelle école qu’ils ont vraiment réalisé les changements. La transition s’est fait sans difficulté pour eux, sans doute parce qu’on était hyper heureux de vivre cette nouvelle expérience ensemble. Les enfants se sont sentis embarqués en toute sérénité dans ce projet parce qu’ils nous sentaient confiants je pense.

Quelle est l’organisation pour trouver un mode de garde/une école en Espagne ?

Nous avons d’abord trouvé une maison et ensuite j’ai contacté toutes les écoles qui étaient dans les environs. Je voulais une structure où je pouvais les mettre tous les 2 ensemble. Ici il existe des “centro d’educacion infantil”. Ce sont des écoles 0-6 ans. A mi-chemin entre crèche et école.
Après avoir envoyé quelques mails, j’ai eu un retour de l’une d’entre elle. Après quelques échanges, nous avons réservé 2 places puis à notre arrivée nous avons visité les locaux. Nous avons tout de suite été séduits par le projet pédagogique.

Quels sont pour vous les plus gros avantages et inconvénients de l’expatriation avec des enfants ?

Les avantages sont vraiment la capacité d’adaptation qu’ils développent. Et ensuite l’apprentissage d’une ou 2 langues. C’est un vrai plus pour leur avenir. La découverte d’une autre culture est aussi un point important dans le développement du savoir-être et d’apprentissage de la tolérance.

L’inconvénient principal c’est l’éloignement avec les grands-parents. Ils nous les réclament très souvent donc on fait des visios chaque semaine et on rentre régulièrement les voir.

Qu’est ce qui vous manque le plus en France ?

En toute honnêteté, rien. Nous aimons la France mais ici on a autre chose. Pour ce qu’il est de la nourriture, on a la possibilité d’acheter des produit français ici. Donc on peut manger du reblochon l’hiver et boire un st Emilion si l’envie nous en prend. Et puis on rentre régulièrement voir les copains 🙂

Quel conseil donneriez-vous à une famille qui souhaite s’expatrier ?

C’est assez difficile car chaque famille est différente et recherche une expérience différente. Je dirais de se confronter à la vraie vie du pays. Apprendre la langue pour s’intégrer et se créer un réseau “local”. Ne pas s’appuyer QUE sur la communauté française.  Un mixte des 2 est important je trouve. Ne pas rester seul en tout cas, que ce soit avec des français ou des locaux, il faut rapidement s’entourer. 

Aussi bien se renseigner sur le pays, coutume, mentalité pour ne pas être surpris voir même déçus à votre arrivée. Nous avons souvent des préjugés qui ne sont pas toujours corrects. Parlez avec des expats sur place pour avoir un premier aperçu.

Autres points qu’Emilie souhaitent aborder :

Premier point : la question du conjoint-suiveur

Parce que dans l’expatriation, il y a souvent l’un des 2 parents qui “sacrifie” son travail, son réseau pour vivre cette nouvelle vie. Bien que cette décision est normalement prise en famille sur accord des 2, c’est quand même un vrai chamboulement dans l’équilibre de la famille.
Le conjoint-suiveur laisse tout et devient un pilier important dans cette expatriation. Il devient celui qui fait l’administratif, inscrit les enfants aux activités, gère les courriers, les imprévus,…et aussi, doit se construire dans cette nouvelle vie. Donc, avant de partir il faut bien se poser la question des envies du conjoint-suiveur : recherche d’emploi, reconversion pro, pause professionnelle pour s’occuper de soi et de la famille, commencer des nouveaux projets,… C’est un sujet qui concerne toute la famille ! 

Second point : L’école à l’étranger, comment gérer les enfants

C’est une question qui revient souvent. Les enfants ont une vraie capacité d’adaptation. Bien plus que nous. Les écouter, les accompagner, sont des clés pour les aider. Parler avec les profs régulièrement sont des plus. Mais avant tout, faites leur confiance, et ne pas leurs mettre la pression, surtout s’ils sont à des années “charnières” de scolarité. Les laisser s’intégrer à leur nouvel environnement, puis ensuite reprendre le niveau scolaire. On ne peut pas le demander des 10/10 dès le 1er trimestre, et peut être accepter que son enfant redouble son année. Et c’est pas grave, l’enfant apprend tellement de l’expatriation qu’il ne faut pas se focaliser sur cette 1ère année.

Quel est votre leitmotiv (phrase, citation, texte, d’un auteur ou non pour vous motiver en toutes circonstances) ?

Chaque jour je ne me dis pas que j’ai de la chance d’être là. Nous avons su saisir des opportunités, pris des risques pour en arriver là. Je suis partisane du rien « n’arrive par hasard ! » En vrai ça fait 2 citations non?

Merci Emilie pour ce joli témoignage ! N’hésitez pas à nous donner votre avis en commentaire.
Et retrouvez toutes nos interviews inspirantes.

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