Portrait d’une maman voyageuse – L’interview de Mélissa


Les Interviews Inspirantes / jeudi, octobre 24th, 2019

Pouvez-vous vous présenter vous et votre tribu ?

Nous sommes une tribu de 4,5. Il y a Seb 37 ans, le papa clown, toujours à prendre les choses du bon côté celui qui a toujours le sourire. Moi, Mélissa, 31 ans, organisatrice du voyage, maman louve. Melian 4 ans, petit garçon qui adore l’eau, très protecteur de son petit frère. Mïo 2 ans, le chef de famille, celui qui a un caractère qui fait que tout le monde lui obéit au doigt et à l’œil 😂. Et bébé 3, 7 mois qui adore donner des coups de pieds une fois que maman peut dormir.  Nous venons de la région parisienne, passionnés de voyage depuis toujours, nous nous sommes rencontrés à Dubaï et nous avons tout de suite voyager ensemble : 2 mois en Asie avant de s’installer en France. Le voyage a toujours fait parti de notre couple et avec les enfants on ne s’est jamais arrêté. Jusqu’à réaliser notre rêve celui d’un tour du monde en famille. 

Dites-nous ce que vous faites dans la vie ?

Avant j’étais institutrice, puis j’ai travaillé dans une auto-école, Et j’ai arrêté de travailler à la naissance de mon deuxième pour profiter de mes enfants. Du coup je suis actuellement mère au foyer. Papa lui est professeur d’EPS dans un lycée. 

Définissez votre parentalité en 3 mots ?

Bienveillant, disponible , à l’écoute. 

On essaye d’être dans une parentalité bienveillante, être à l’écoute des besoins de nos enfants, de toujours tout leur expliquer mais surtout de les écouter. Mais je crois que le mot d’ordre pour nous c’est offrir le plus de temps possible à nos enfants. Être avec eux, les voir grandir. Les accompagner. 

Actuellement en Tour du Monde, comment s’est passé l’organisation avec vos deux garçons ? Qu’avez-vous pris en compte que vous n’auriez pas pris en compte en couple ?

Alors le projet tour du monde en famille c’était mon rêve depuis toute jeune. Ayant beaucoup voyagé seule 18 mois à 21 ans, je m’étais toujours promis de le faire avec mes enfants. Puis c’est devenu notre rêve à tous les deux. Quand on s’est décidé à se lancer, on a pas du tout été d’accord. Papa voulait tout organiser à l’avance et moi je voulais garder notre liberté, celle de pouvoir aller où on veut quand on veut. Rester si on est bien ne pas devoir partir à cause des billets d’avion. Au départ on a fait chacun la liste des pays qu’on voulait faire, on a recoupé. On a passé des heures à essayer de tracer un itinéraire cohérent pour avoir la meilleure météo dans chaque pays et on a abandonné.

Finalement On a pris un aller simple pour le Népal et on a décidé de se laisser porter. C’est clairement fatiguant car chaque jour on cherche où on dormira le lendemain. C’est beaucoup plus cher car les billets on les achète en dernière minute mais cette liberté d’aller là où on veut c’est magique. On a fait plein de stop imprévus. Des pays qu’on ne voulait pas faire comme la Chine ou l’Australie choisit et voulu par notre fils Melian et finalement qui nous ont beaucoup plu. 

La seule chose qui pour nous diffère un peu entre voyage avec enfants et en couple c’est qu’on prend plus de temps à chaque arrêt. A 2 on pourrait se lever à 8h enchaîner visite toute la journée jusqu’à tard. Mais avec les enfants on essaye soit de couper ou d’alterner. Ce voyage en famille est aussi bien le leur que le nôtre. Nous leur proposons dans la mesure du possible de choisir ce qu’ils préfèrent faire ou visiter. Et nous alternons des journées qui peuvent sembler « intenses » et d’autres qui leur sont complètement dédiées.

Et évidemment le niveau d’exigence des logements, parce qu’avec la fatigue on a besoin de mieux dormir. En couple on a le luxe de se dire grasse matinée demain. Avec des enfants c’est eux le réveil. Ça peut être 6h comme 9h on sait jamais à l’avance 😂. Du coup si en plus on dort dans des endroits bruyants ou sommaires on finit trop ko. Et des parents fatigués n’arrivent pas à gérer avec patience des enfants fatigués + des imprévus de voyage + l’organisation. 

En cas de gros décalage horaire, que faites-vous pour protéger au mieux les enfants de la fatigue ?

Honnêtement on a toujours fait en sorte de s’adapter à eux. S’ils sont fatigués alors ils dorment même si ce n’est pas la bonne heure. Ça viendra. On y va progressivement on essaye si possible de les faire tenir une petite heure de plus mais en général ils gèrent plutôt bien. 

Finalement dans le voyage on a eu qu’un gros décalage après le premier vol Paris/ Katmandou, mais on a eu tellement de problème de vol qu’on est arrivé épuisé, les enfants ont dormi 14h d’affilé. Il aura fallu 24h pour prendre le rythme. Le reste quand on avance petit à petit on le sent un peu moins 2/3h maximum ça passe plus facilement. 

“Mais il ne s’en souviendra même pas plus grand, ça ne sert à rien de voyager maintenant”, qu’auriez-vous à répondre à ça ?

Cette phrase me fait sourire à chaque fois. La définition de souvenir est réduite à celle d’un adulte qui peut se le remémorer. Pourtant, lire un livre, chanter une chanson, emmener son bébé au parc, aux jeux, au zoo, il ne s’en souviendra pas non plus. Mais chaque expérience qu’il vit, il apprend, il se transforme, il s’enrichit, il s’éveille, il évolue. C’est pareil avec le voyage. Peut être qu’il n’aura pas les souvenirs mais il aura le vécu ancré en lui, ce qu’il aura vu, entendu senti lui aura offert beaucoup. Et nous on s’en souviendra. Cette expérience incroyable, h24 ensemble, qu’on aura vécu est bénéfique pour toute la famille. Et souvent quand on me dit ça, je réponds simplement que je ne voyage pas pour le souvenir que j’en aurai, mais pour tous les incroyables moments présents que je vis. Même si demain on me disait qu’après chaque voyage je serai incapable de m’en « souvenir » je voyagerai quand même parce que sur le moment présent c’est un enrichissement. 

Comment faites-vous pour que vos enfants suivent quand même un programme scolaire ? (Surtout Mélian, j’imagine que Mïo est encore trop petit !)

Alors avant même de partir pour le tour du monde on avait évoqué l’envie de faire l’école à la maison. On ne se voyait pas le scolarisé tout de suite surtout dans le quartier où l’on vivait. Du coup on avait déjà plein de matériel éducatif. On est parti avec des petites pochettes plastiques effaçables, des marqueurs et on imprime de temps en temps des nouvelles feuilles d’activités. Pour le reste tout ce qu’on visite est source d’apprentissage. Que ce soit comment se forme une île, archipel, comment vivent les baleines à bosses, ou qu’est ce qu’un canyon. A chaque endroit il y a tellement de quoi apprendre. 

Quels sont vos conseils les plus précieux pour voyager avec un ou plusieurs enfants?  

Je suis de nature sereine, ce qui doit arriver arrivera. Quand j’étais enceinte la première fois on m’a dit « fini les voyages ». J’ai souri. J’ai voyagé partout  jusqu’à 3 semaines de mes accouchements à chaque fois. Et les enfants ont voyagé dès 1 mois. 

Papa lui est de nature assez inquiet, il était au départ assez réticent à l idée de voyager enceinte ou avec des enfants en bas âge . Puis, passé la première expérience , il s’est dit que finalement pas grand chose ne diffère du quotidien. En cas de problème les médecins sont présents partout dans le monde.

Je crois que nous sous-estimons énormément les capacités d’adaptation d un enfant et son immense curiosité  pour le monde qui l’entoure. Ils se construisent en touchant, sentant, explorant sans cesse. Et puis nous sommes le premier repère de nos enfants et ce dont ils ont le plus besoin. On ne voyage pas pour nos enfants ou pour nous (avec des enfants à gérer) mais vraiment en famille. 

Si je devais donner quelques conseils :

 Favoriser les vols de nuits lorsqu’ils sont longs. Essayer d’anticiper, lors des déplacements longs notamment, les moments sensibles auxquels vont être confrontés les enfants (fatigue en fin de journée, repas, chaleur) en ayant différentes options à leur proposer. Avoir un nouveau jouet ou livre qu’ils découvriront durant le voyage quand l’occupation devient difficile. Surtout être serein nous parents : plus on est tendu, inquiet ou stressé plus ils le ressentent. Être disponible. Quand on part pour un long voyage on sait que ça va être long déjà pour nous alors pour eux encore plus. 

Nous on romance le voyage qu’ils vivent en leur racontant des histoires liés aux lieux qu’ils traversent. Ils s’imprègnent et s’enrichissent d’autant plus de cette expérience .

Leur petit sac à dos avec leurs jouets favoris et un petit encas toujours à portée de main. En cas d’imprévu, d’attente au restaurant on a toujours de quoi les occuper. 

Quel est votre leitmotiv (citation, texte, connu ou non qui vous motive en toutes circonstances) ?

  • Vivre ses rêves tant que possible pour ne pas avoir à rêver sa vie. 
  • On ne se sait pas de quoi demain est fait. 
  • Il faut vivre intensément l instant présent.

 Comment se passe une grossesse en tour du monde? 

Alors cette grossesse était complètement imprévue. Elle nous a d’abord sonnés. On a réagit un peu égoïstement en se disant que ce bébé venait « gâcher » le voyage de notre vie. Ça remettait en cause l’organisation, ça interrompait le voyage. Et puis finalement on se dit que c’est le plus beau cadeau de ce voyage. Le suivi est différent de celui en France. J’ai fait ma première échographie de datation en Nouvelle Calédonie. La deuxième en Polynésie. La troisième je ne sais pas encore où. Je fais les analyses de sang dans les pays où on est. Et j’écoute mon corps et bébé. Je sais que si y’a le moindre doute je consulterais, partout on trouve des médecins. 

Concrètement comment on gère un budget tour du monde?

Cette question est celle qu’on nous pose le plus comment on fait? L’argent est un sujet délicat voir tabou, mais il faut savoir que chacun le dépense différemment et comme il veut. Depuis mon premier job à 17 ans j’ai toujours économisé pour voyager. Pas de shopping, pas de sorties pas de matériels juste le voyage. Et ça a continué en « grandissant ». J’ai économisé pour acheter une maison plus tard par ce que c’était un peu ça la société grandir travailler avoir sa maison. Puis je l’ai rencontré lui. Il avait déjà une maison qu’il a vendu pour qu’on en achète une ensemble. On a visité, cherché, longtemps ça n’allait jamais jusqu’à ce que j’arrive à mettre des mots dessus. Je ne peux pas, ce n’est pas moi, je voulais continuer à voyager, et utiliser cet argent pour le tour du monde. Je ne veux rien posséder, matériel, je préfère utiliser mon argent pour l’expérience, le vécu. 

Concrètement un budget tour du monde, ça dépend du nombre de personnes, des pays traverser, et évidemment des exigences et activités de chacun. Par exemple en Asie on pouvait dépenser environ 2000€ par mois à 4, en mangeant toujours au restaurant, en dormant dans des hôtels avec piscine et en faisant plein d’activité. En Australie on passe presque au double en ne mangeant jamais au restaurant, en dormant en camping car et en limitant les activités. Le notre on ne le connaît pas encore. On est parti en se disant 60.000€ pour un an à 4. Mais on finira je pense à largement plus. On s’en fout en faite, pour nous l’argent c’est fait pour être dépensé, on est heureux, on vit une expérience incroyable même si on rentre sans un sou on rentrera plus riche c’est sûr. 

Merci Mélissa pour ce superbe témoignage et pour ces images qui font rêver ! Alors, on part quand les mamans ?

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